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Révolution digitale : Ramadan 2050, vous l’imagineriez comment ?

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On parle de plus de 21 868 046 dinars tunisiens investis par les annonceurs dans les publicités TV durant le mois de Ramadan 2014. Et malgré une diminution de -14,21% par rapport au volume des investissements en Ramadan 2013, ces budgets sont tout de même énormissimes et épuisants. Pour d’innombrables enseignes, le mois de Ramadan est LA période à ne pas rater pour faire grimper ses stats en terme de chiffre d’affaires. Mais faut-il vraiment investir autant dans la publicité télévisée ? N’est-il pas rentable de se positionner sur les réseaux sociaux ? Ou faut-il carrément prévoir un budget pour les deux ?

Répondre à ces interrogations nécessite une analyse comportementale des consommateurs tout au long du mois béni et en dégager les éléments clés pour pouvoir agir là où il faut et au moment opportun.

 

Pourquoi faut-il investir dans le digital (et surtout en Ramadan) ?

L’agence TheOnlineProject a publié un rapport en Juillet 2013 montrant que la communauté arabo-musulmane trouve assez de temps libre pendant la journée pour se connecter sur Internet en Ramadan et que son engagement vis-à-vis des marques sur les plateformes sociales dépasse les 30% de son engagement au reste de l’année. D’un autre côté, Facebook IQ a récemment révélé que la communauté de la région MENA a tendance à célébrer les festivités du mois de Ramadan sur Facebook et à y partager du contenu, souvent depuis leurs appareils mobiles. Le blog a indiqué également que la plupart de ces conversations sont générées par des Facebookers âgées entre 18 et 44 ans. Résultat : La télé est entrain de perdre considérablement son audience, surtout la plus jeune, face à l’émergence des réseaux sociaux.

Pas encore convaincu ? Voici encore des chiffres qui pourront, peut être, vous faire changer d’avis sur le marketing digital dans le monde arabe :

Ils sont plus de 68 millions d’utilisateurs actifs dans la région MENA (5 millions de Users en Tunisie) à partager un total de 48 millions de posts sur Facebook pendant la période du Ramadan et de l’Aïd.

Sur Twitter, le volume des conversations est entrain de prendre de l’ampleur chaque année : Plus de 215 millions de tweets ont été enregistrés pendant l’année dernière contre 74 millions en 2013.

Avec l’émergence des médias sociaux, certains se posent la question si l’ère de la télévision est finie, en fait, depuis ces dernières années, un nouveau concept avait fait surface : La Social TV (ou la télé sociale). Une quick définition pour ceux qui ne savent pas ce que c’est : la Social TV, c’est quand on utilise son smartphone ou sa tablette pour commenter en temps réel un match de foot ou participer à un jeu télévisé ou live-tweeter la conférence de presse d’un homme politique … etc. C’est tout simplement la convergence entre le contenu TV et les réseaux sociaux. Non … l’ère de la télé n’est pas finie ! mais aujourd’hui nous consommons la télévision de manière différente, et c’est la raison pour laquelle il faudra réinventer sa stratégie marketing en prenant en considération le facteur “nouvelles technologies” pour pouvoir toucher sa cible.

 

Les “Golden Hours” au mois de Ramadan

Selon l’agence MED MEDIA, le matraquage publicitaire des marques se concentre aux alentours des premières heures de l’Iftar, là où les tunisiens ont pris l’habitude de rompre le jeûne devant la télévision, jusqu’au JT de 21H00. MED MEDIA a souligné également qu’il y aurait un 2ème Prime Time à partir de 23H00 qui correspond au moment où presque tout le monde est à la maison. Cependant, les plateformes sociales ont chamboulé complètement le calendrier publicitaire des soirées ramadanesques et ont obligé les marketeurs à changer de cap et à aller là où les gens sont. Voici, à mon sens, les pics d’audience (en période d’été) qui correspondent au bon timing pour publier son message publicitaire sur Internet :

pic-d'audience-Ramadan

Au mois de Ramadan, l’activité des tunisiens sur les réseaux sociaux démarre un tout petit peu en retard que d’habitude et s’intensifie pendant les longues heures de l’après-midi, là où on glande généralement sur Facebook attendant impatiemment la rupture du jeûne. A l’heure de l’Iftar, place à la Télé ! Et rien ne pourrait remplacer les “Golden” soixante premières minutes de dîner en famille rythmées par les Crick Crock des “Brick”, les sitcoms et les réclames.

En soirée, ce n’est plus comme avant, l’évolution technologique a fait que les gens ne sont plus trop dépendants de la télé, surtout les plus jeunes, mais ils se retrouvent sur les réseaux sociaux pour chatter et se raconter des histoires.

 

Pourquoi faut-il changer de stratégie ?

 

1- Beaucoup d’annonceurs ont peur d’investir dans un domaine qu’ils connaissent à peine ou qu’ils ne connaissent même pas et préfèrent utiliser les bonnes vieilles méthodes (Affichage urbain, Pub télé, sport Radio .. etc) pour atteindre leurs cibles en avançant des arguments du genre “C’est du gaspillage .. Sur les médias sociaux, on ne pourrait pas calculer son ROI (Return On Investment)”. Mais contrairement à ce que l’on croit, on peut parfaitement calculer son retour sur investissement avec la partie Insights que procurent les plateformes sociales gratuitement ou avec d’autres outils Analytics payants pour en dégager les performances de sa campagne. Par contre, lors d’un spot télé, on ne pourrait pas savoir avec exactitude le nombre de personnes touchées par le message publicitaire de la marque. On ne pourrait pas également convertir les téléspectateurs en des acheteurs comme on peut le faire sur Internet (en calculant ceux qui ont cliqué sur votre bannière publicitaire et commandé les produits de la marque après avoir été redirigés vers le site), et de ce fait, estimer le volume réel des ventes.

 

2- Prendre en considération que les téléspectateurs ne sont plus conditionnés par les heures de diffusion des feuilletons et autres programmes qu’ils suivent à la télé, puisqu’ils sont plus à l’aise sur Youtube à choisir quand et où regarder la rediffusion de leurs programmes favoris. De cette manière, les marques pourront diffuser leurs publicités sur la plus grande plateforme de vidéos dans le monde et à moindre coût (en comparaison avec les spots télé).

 

3- Et puis, qu’est ce qui fait qu’il y a des pics d’audience ? évidemment c’est la qualité des programmes télé ! A vrai dire, les téléspectateurs deviennent de plus en plus exigeants dans la sélection de leurs shows et sitcoms ramadanesques, donc si la programmation n’est pas au top, les annonceurs risqueront d’investir dans des passages télé à des moments où la cible n’est pas réellement très dense, ce qui veut dire, moins de chance à toucher une large audience.

 

In fine, il est clair que nous assistons à des mutations dans le comportement des individus vis à vis de leurs utilisation des réseaux sociaux, et on se demande si la télé survivra face à ses nouvelles technologies ? Ce qui est sûr, c’est que Ramadan 2050 ne sera plus comme celui des années 70. Et vous ? Ramadan 2050, vous l’imagineriez comment ?

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